4#>S 844-
dioit les choses les plus cachées dans la nature, &qu’il étoit avide de pcnetrer les caulès secrettes demille évenemens bizarres, qui arrivent tous lesjours; ceux qui lui rendoient justice étoient con-vaincus, qu’il n’employoit sonloiíìt, qu’à acqué-rir de nouvelles connoistances, & à se perfection-ner dans l’art de regner; il aima la peinture & yexcella ; il gravoit avec une delicatestè surprenan-te, & l'on vit sortir deses mains une nouvelle com-poíitíon, qui surpastoiten éclat les rubis &kspier-res précieuses: mais il ne donnoit à ces choses quele temsdont il avoir besoin pour se delasïèrl’esprit;quand onPappeiloitau conseil, il y saisoit paroìtrçune étendue d’esprit si prodigieuse & une prudencesi consommée, que le Roi son oncle conçut de lajalousie de íòn.mérite; & pour récompense de sesservices & de lès conseils ne lui témoigna que dela froideur:-tant il est vrai, qu’un mérite distinguéest un défaut, qu’on ne pardonne jamais ; quoi-que le Prince de Rclosan fût sensible aux froideursdu Roi, il ne lui manqua jamais de respect; s’ilparloir quelque fois avec liberté, ce n’ctoit quepour le bien de l’etat ; on le traitoit quelquefoisde Frondeur, auísi bien que deux autres Princes,avec qui il avoir lié une étroite amitié; parce que,ne pouvant approuver toutes les taures des Géné-raux d’arméc , ils les relevoient avec l’authoritéque leur donnoit leur naissance; le Roi, à qui onrapportait tous les discours de son neveu, voulutéprouver, s’ils partoient d’un fond de sçavoir, ous’ils n’étoient que Pester d’une imagination échauf-fée; il le consulta un jour fur le campement de fonarmée; le Prince lui en fit voir les défauts, & luiprédit que si elle restait dans cette situation, elleseroit immanquablement battue; ce qui arriva, &persuada le Roi, quoiqu’unpeu tard, de la capa-cité de son neveu.
II