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& fut un des grands ressorts qu’on fit!jouer pourdétruire un pays tout peuplé d t Stoïciens: ensuiteíe vent changea ; il redevint Stoïcien, jusqu’au pointd’aimer mieux perdre les bonnes grâces de fonRoi,que de favoriser les Epicuriens ; enfin il fit encorun demi tour, & fut auíli grand ennemi des Stoï-cicps, qu’il leur avoir etc arraché; en un mot, ilfut constant dans íbn inconstance.
Le Prince voyant qu’il ne pouvoir accorder lesphilosophes, les abandonna à leur sens réprouvé,& remarqua fore judicieuíèment qu’ils n’avoientjamais été plus animez les uns contre les autres, queiorfqu’il les avoir crûs réconciliez; il ne s’occupaplus ensuite qu a faire fleurir la paix & le commer-ce dans l’etat, & à réparer le tort que les billetsa voient caulé; ce Prince étoit véritablement grandpar une infinité de belles qtialitez, qu’il fit éclateren toutes fortes d’oecasions; quoiqu’il eut humi-lié le Sénat, il ne l’appréhendoitpas, & il ne le crûtjamais digne de si colere; il fit assez paroître lemépris qu’ii en fàiíoit, en le Iaistant agir dans uneaffaire qui fit beaucoup d’éclat; a peine le Sénatèut-il repris ses forces, qu’il voulut les exercer furceux qu’i s’étoient enrichis à la banque ; il s’atta-qua au Seigneur àcRomé, qui yavoit fait une for-tune étonnante, & qui, par une sage précautionàvoit fçu réaliser ses effets de pappier, avant qu’ilseussent perdu leur crédit; ce Seigneur, qui étoitfort sensible fur le point d'honneur, n’eut pas plu-tôt appris, qti’on j’acculoit d'avoir malversé à labanque, où il avoit cu quelque inspection , qu’ilen porta ses plaintes au Prince, & demanda descommissaires pour se justifier; le Prince lui dit desb mettre au deflùs des bruits qu’on faifoit courir:mais le Sénat ayant voulu prendre connoiflàncede la conduite de ce Seigneur , le Prince le laiflàagir avec une pleine liberté; & le Seigneur se ju-