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stifia d’iine maniéré d’autant plus irréprochable,qu’il avoir pour juges ses propres ennemis.
Quelque éclat qu’euíTent au dehors les vertusdu Prince dc Relosan, elles n’étoient pas moins so-lides pour fa conduite particulière; un poète,dontla veine fembloit avoir quelque chose de divin,abusa de íòn talent pour médire du Prince; il dé-crivit en six odes , qu’il qualifia de Philippi-q^ues, toutes les injures, les faux bruits, les mê-dilânces, les calomnies, que le peuple avoir répan-dus contre le Prince, qui ne fit ques’en mocquer;il reconnût qu’il y avoit de l’elprit dans les vers,mais qu’ils contenoient bien des faustetez, dclaistàaux Dieux le soin de le vanger; le ciel atropd’inte-rêt à ménager la réputation des Princes pour lalaistèr flétrir impunément; le pocte fut puni parun rude exil, & peut être qu’une main vangeresscéteindra un jour dans le sangccttefureurde rimer.
Je vous ay de ja parlé plusieurs fois de la PrincesseJerdreb ; elle n’écoic pas moins exposée à la ca-lomnie, que son pere; elle mourut dans ses cou-ches : on fait qu’il est aster ordinaire aux femmesde payer le tribut á la nature dans ces douloureuxmoments ; je vous raconterai volontiers la fablequ’on debite de íà mort, pour vous convaincrequ’il n’y a personne exempt des coups de langue,puiíqu’on déchire si impitoyablement les person-nes de la premiere dignité ; cette Princesse, quel-ques années aprés la more de son premier mari,don*nala main & fa foi à un Seigneur de íà cour, quin’avoit presque pas d’autre mérite que celui deplaire à la Princesse; un jour qu’elle étoit à tableavec son mari & le Prince de Relosan ; ce Prince,qu'onfait toujours amoureux de fa fille, s’amusoit,à ce qu’on dit, à conter des douceurs à la Princesse,au lieu démanger; lc mari de la Princesse, qu’onsuppose jaloux, ne pouvant souffrir ce manege, ditK quel-