PHILOS. ET POLITIQUE. 117
dans les autres. Cette double enveloppe con-tient une espèce de moelle ou dégommé, quisé réduit en farine. L’arbre , qui ne semblecroître que pour les besoins de l’homme, luiindique cette farine par une poussière fine &blanche dont se couvre la feuille. C’eft unemarque certaine de la maturité du sagou.. LesIndiens coupent alors cet arbre par le pied, &le dépècent en tronçons , qui font fendus parquartiers, pour en tirer la moelle ou la farinequ’ils renferment. Après que cette substancea été délayée dans l’eau, on la coule à traversune espèce de tamis, qui retient les parties lesplus grossières. Ce qui a passé est jetté dansdes moules de terre, où la pâte sèche & durcitpour des années entières. On mange le sagousimplement délayé avec de l’eau, quelquefoiscuit & bouilli. L’humanité des Indiens réservela fleur de cette farine aux vieillards & auxmalades. Elle est quelquefois réduite en unegelée blanche & très-délicate.
Un peuple sobre , indépendant, ennemi dutravail, a volt vécu des siècles avec la farine deíagou & l’eau du cocotier, quand les.Chinois,ayant abordé par hazard aux Moluques dans lemoyen âge, y découvrirent le girofle & lamuscade, deux épiceries précieuses que les an-ciens n’avoient pas connues. Le goût en sucbientôt répandu aux Indes, d’où il passa en
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