PHILOS. ET POLITIQUE. 251
revenus de Ceylan. On peut conjecturer, avecvraisemblance, que cette iíle , qui n’est qu’àquinze lieues du continent, en fut détachéedans des terns plus ou moins reculés, par quel-que grand effort de la nature. , L’efpace qui lasépare actuellement de la terre, est rempli debas-fonds, qui empêchent les Vaisseaux d’y na-viguer. Dans quelques intervalles seulement,on trouve quatre ou cinq pieds d’eau qui per-mettent à de petits bateaux d’y passer. LesHollandois, qui s’en attribuent la Souveraine-té , y tiennent toujours deux chaloupes ar-mées, pour exiger les droits qu’ils ont établis.C’est dans ce détroit que se fait la pêche desperles, qui fut autrefois d’un si grand rapport.Mais on a tellement épuisé cette source de ri-chesses , qu’on n’y peut revenir que rarement.On visite , à la vérité , tous les ans le banc,pour savoir à quel point il est fourni d’huîtres ;mais, communément, il ne s’y en trouve as-sez que tous les cinq ou six ans. Alors la pê-che est affermée; &, tout calculé, on peut lafaire entrer dans les revenus de la Compagniepour 200,000 livres. II se trouve sur les mê-mes côtes, une coquille appellée Xanxus,dontles Indiens de Bengale font des bracelets. Lapêche en est libre ; mais le commerce en est;exclusif.
Après tout, le grand objet de la Compa-