PHILOS. ET POLITIQUE. 43 r
monceaux de sables submergés dans les hautesmarées, & les plus grandes n’onc qu’une trèspetite circonférence. De tous les canaux quiles séparent, il n’y en a que quatre qui puis-sent recevoir des navires. Les autres font sipeu profonds, qu’on y trouve rarement plusde trois pieds d’eau. On conjecture, avec fon-dement , que toutes ces différentes ifles n’enfaifoient autrefois qu’unc , que l’effort des va-gues & des courans, ou quelque grand acci-dent de la nature, aura divisée en plusieursportions.
IL est vraisemblable que cet archipel fut ori-ginairement peuplé par des hommes venus duMalabar. Dans la fuite, les Arabes y pasicrent,-en usurpèrent la Souveraineté, y établirentleur Réligion. Les deux nations n’en faifoientplus qu’une; lorsque les Portugais, peu de temsaprès leur arrivée aux Indes, la mirent fous lejoug. Cette tyrannie dura peu. La garnison,qui en tenoit les chaînes, fut exterminée ; &les Maldives recouvrèrent leur indépendance.Depuis cette époque, ^Ues font soumises à unDespote, qui tient sa Cour à Maie , & qui aabandonné toute l’autorité aux prêtres. II estle seul négociant de ses Etats.
Une pareille administration & la stérilité dupays, qui ne produit que des cocotiers, em-pêchent le commerce d’y être considérable,