Z2 HISTOIRE
II est vraisemblable qu’au moyen de cettecommunauté d’hommes & de femmes, la jalou-sie s’éceighit , & que les femmes virent fanspeine le nombre de leurs semblables fc multi-plier, & les hommes , le nombre des Bramess’accroître. C’étoit moins une rivalité qu’uneconquête nouvelle.
II est vraisemblable que pour pallier aux peu-ples le scandaled’une vie si licencieuse, toutescésfemmes furent consacrées au service des autels.II ne l’est pas moins que les peuples se prêterentd’autant plus volontiers à cette espece de super-stition, qu’elle renfermoit dans une feule encein-te les désirs effrénés d’une troupe de moines,& mettoit ainsi leurs femmes & leurs filles àl’abri de la séduction.
II est vraisemblable qù’en attachant un carac-tère sacré à ces especes de courtisannes, les pá-rens virent fans répugnance leurs plus belles fil-les , entraînées par cette Vocation, quitter làmaison paternelle, pour entrer dans ce séminai-re, d’oìi les femmes surannées pouvoient retour-ner fans honte dans la société : car il n’y a aucuncrime que l’intervention des dieux ne consacre -,aucune vertu qu’elle n’avilifise. La notion d’uíiêtre absolu est entre les mains des prêtres quien abusent , une destruction de toute morale.Une chose ne plaît pas aux dieux, parce qu’elleest bonne; mais elle est bonne » parce qu'ell»plaît aux dieux.