PHILOS. ET POLITIQUE 33
Il ne restoit plus aux Brames qu’un pas à fai-te, pour porter l’institut à fa derniere perfec-tion: c’étoit de persuader aux peuples qu’il é-toit agréable aux dieux, honnêre & saint, d’é-pouser une Balladiere de préférence à touteautre femme, & de faire solliciter comme unegrâce spéciale le reste de leurs débauches.
11 est des troupes moins choisies dans les gran-des villes, pour l’amusement de tous les gensriches. Les Maures & les Gentils peuvent é-galement se procurer le spectacle de ces danseu-ses, dans leurs maisons de campagne ou dansleurs assemblées publiques. II y a même de cestroupes ambulantes conduites par de vieilles fem-mes , qui, d’éleves de ces sortes de séminaires,en deviennent à la fin les directrices.
Par un contraste bizarre, H dont l'esset esttoujours choquant, ces belles filles traînent âleur fuite un musicien difforme & d’un âge avan-cé, dont remploi est de battre la mesure avecun instrument de cuivre, que nous avons depuispeu emprunté des Turcs pour ajouter à notremusique militaire, & qui aux Indes se nommeTarn. Celui qui le tient répete continuellementce mot avec une telle vivacité, qu’il arrive pardégrés à des convulsions affreuses > tandis queles Balladieres, échauffées par le désir de plaire& par les odeurs dont elles sont parfumées,Unissent par être hors d’elles-mêmes.
Terne II, G _1