180 HISTOIRE
les rênes des empires. Leur inquíette activitécontinuera à faire répandre des torrens desang.
Ce seront de misérables intérêts de commerce,qui mettront de nouveau les armes à la main desFrançois & des Aoglois. Quoique la Grande-Bretagne dans la plupart des guerres, ait pourbut principal de détruire l’industrie de ses voisins,& que la supériorité de ses forces navales nour-risse cette espérance tant de fois trompée , onpeut prédire qu’elle chercheroit à éloigner lesfoudres & les ravages des mers d’Asie, où ellesuroît si peu à gagner & tant à perdre. Cettepuissance n’ignore pas les vœux secrets qui seforment de toutes parts, pour le renversementd’un édifice qui offusque tous les autres de sonombre. Le Souba du Bengale est dans un déses-poir secret, de n'a voir pas même une apparenced’autorité. Celui du De can ne se console pasde voir tout son commerce dans la dépendanced’une nation étrangère. Le Nabab d’Arcate n’estoccupé qu’à dissiper les défiances de ses tyrans.Les Marattes s’indignent de trouver par-tout desobstacles à leurs rapines. Toutes les puissancesde ces contrées ou portent des fers, ou se croientà la veille d’en recevoir. L’Angleterre voudroit-elle que les François devinssent le centre de tantde haines, se missent à la tête d’une ligue univer-selle? Ne peut-on pas prédire, su contraire.