PHILOS. ET POLITIQUE. 71
rent désirer à quelques habitans & à tous lesnavigateurs, qu’il sc formât un entrepôt oùles objets d’échange entre la colonie & la mé-tropole , fussent réunis. La nature paroissoitavoir préparé le Fort Royal pour cette destina-tion. Son port étoit un des meilleurs des íflesdu Vent, & fa sûreté si généralement connue,que lorsqu’il étoit ouvert aux bâtimens Hol-landois, la République ordonnoit qu’ils s’y re-tirassent dans les mois de Juin, de Juillet &d’Août, pour se mettre à l’abri des ouragans sifréquens & si furieux dans ces parages. Lesterres du Lamentin , qui n’cn font éloignéesque d’une lieue, étoient les plus fertiles, lesplus riches de la colonie. Les nombreuses ri-vières qui arrofoient ce pays fécond, portoientdes canots charges , jusqu’à une certaine dis-tance de leur embouchure. La protection desfortifications, assuroit la jouissance paisible detant d’avantages. Mais ils étoient contreba-lancés par un territoire marécageux & mal-sain. D’ailleurs cette capitale de la Martini-que étoit l’afyle de la marine militaire, quide tout tems opprima la marine marchande.Ainsi le Fort Royal ne pouvant devenir lecentre des affaires, elles se porteront à Saint-Pierre.
Ce Bourg qui, malgré les incendies qui Pontréduit quatre fois en cendres, contient encore
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