Band 
Tome cinquieme.
JPEG-Download
 

PHILOS. ET POLITIQUE. 195

L’action de consommer ne donne point d’ar-gent pour payer les choses que l’on consomme.Le consommateur l’obtient de son travail ; &tout travail, quand on en suit la chaîne, estpayé par les premiers propriétaires du produitdes terres. Dós-lors une denrée ne sauroìt ren-chérir constamment, que les autres ne renché-rissent à proportion. Dans cet arrangement, iln’y a de gain pour aucune. Otez cet équilibre,la consommation de la denrée renchérie dimi-nuera nécessairement ; & íì elle diminue , sonprix tombera. Sa cherté n’aura été que passagère.

Le négociant ne sera pas plus en état que leconsommateur de se charger du droit. II pourrabien cn faire les avances deux ou trois fois ;mais s’il ne fait pas fur les marchandisestaxées le bénéfice naturel & nécessaire , il endiscontinuera bientôt le commerce. Espérerque la concurrence le forcera à prendre sucses profits le payement de l’impôt, c’est sup-poser qu’il faisoit de trop gros bénéfices, ■&que la concurrence, qui n’étoit pas alors suffi-sante, deviendra plus vive , lorsque les profitsferont diminués. Si les choses étoient au con-traire telles qu’elles dévoient être, & queles bénéfices ne fussent que suffisans, c’est sup-poser que la concurrence subsistera, quoiqueles profits qui la faisoient naître ne subsistentplus. II faut admettre toutes ces absurdités»

N 2