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HISTOIRE
fortune au-de-lk des mers, où leurs désordresn’étoient pas connus 1 Une compassion mal en-tendue , une fausse maxime de Cour, qui sup-pose la fourberie nécessaire & les fripons uti-les , fit sacrifier de sang-froid à des brigandsdignes des prisons, la tranquillité des cultiva-teurs , la sûreté des colonies, Pintérèt mêmede PEtat. Ces Ministres de rapine & de débau-ches , étouffèrent les germes du bien , & re-tardèrent la prospérité qui naissoit d’elle-même.
La puissance absolue porte dans fa natureun poison st subtil, que les Despotes même quis’embarquoient poifr l’Amérique avec des vueshonnêtes, ne tardoient pas à s’y corrompre.Quand Pambition , l’avarice ou Porgueil ne lesauroient pas entamés, pouvoient-ils résister àja flatterie, qui ne manque jamais d’élever fabassesse fur la servitude générale, & d’avancersa fortune dans les maux publics?
Le peu de Gouverneurs qui échappèrent à lacorruption , n’ayant aucun point d’appui dansune Administration fans limites, passoient con-tinuellement d’une erreur k l’autre. Ce ne fontpas des hommes qui doivent Gouverner les hom-mes, c’est la loi. Otez aux Administrateurs cet-te mesure commune, cette régie de leurs ju-gemens; il n’y aura plus de droit, plus de sû-reté, ni de liberté civile. Dès-lors on ne ver-