*74
HISTOIRE
mulacre d’union, qui n’est qu'un germe de di-vision, les propriétaires Anglois vivent isolés,mais contens, Famé & le front sereins commele ciel tempéré, où i!s respirent un air pur &salubre, au milieu de leurs plantations, & par-mi leurs esclaves qu’ils gouvernent fans douteen pères, puisqu’ils leur inspirent des senti-mens généreux, & quelquefois héroïques. C’està Saint-Cristophe que l’amour & l’amitié sesont signalés, par une tragédie dont la fable &l’hiítoire n’avoient point encore fourni l’exenv-ple.
Deux Nègres, jeunes, bien faits, robustes,courageux, nés avec une amc rare, s’aimoientdepuis l’enfance. Associés aux mêmes travaux,ils s’étoient unis par leurs peines, qui dans lescœurs sensibles, attachent plus que les plaisirs.S’ils n’étoient pas heureux, ils se consoloientau moins dans leurs infortunes. L’amour, qqjles fait toutes oublier, vint y mettre le com.ble. Une Négresse , esclave comme eux , avecdes regards plus vifs fans doute & plus brûlansà travers un teint d'ébène que fous un frontd’albâtre , alluma dans ces deux amis une éga-le fureur. Plus faite pour inspirer que poursentir une grande passion, leur amante auroitaccepté l’un ou l’autre pour époux; mais aucundes deux ne vouloit la ravir, ne pouvoit la cé-der à son ami. Le tems ne fit qu’accroître les
tû
lar
les
w
si:
de
Tu
«
P
Nt
l
Ii,
set!
les
ver
fer,
da;titI! 1setspellijriferbig
fciel