PHILOS. ET POLITIQUE. 275
tourmens qui dévoroient leur amc , fans assoi-blir leur amitié ni leur amour. Souvent leurslarmes couloient amères & cuisantes , dansles embrassemens qu’ils se prodiguoient à lavue de l’objet trop chéri qui les désespéroit.Ils se juroient quelquefois de ne' plus Paimer ,de renoncer à la vie plutôt qu'à l’amitié.Toute P habitation écoit attendrie par le spec-tacle de ces combats déchirans. On ne parloitque de l’amour des deux amis pour la belleNégresse.
Un jour ils la suivirent au fond d’un bois.Là, chacun des deux P embrasse k l’envi, laserre mille fois contre son cœur j lui fait tousles sermons, lui donne tous les noms qu’in-venta la tendresse; & tout-k-coup, fans se par-ler, sans se regarder, ifs lui plongent à la foisun poignard dans le sein. Eile expire; & leurslarmes, leurs sanglots, íc confondent avec sesderniers soupirs. Ils rugissent. Le bois reten-tit de leurs cris forcenés. Un esclave accourt.II les volt de loin qui couvrent de leurs bai-sers la victime de leur étrange amour. 11 ap-pelle, on vient, & l’on trouve ces deux amis,qui, le poignard à la main , se tenant embras-sés fur le corps de leur malheureuse amante,baignés dans leur sang, expiroient eux-mêmesdans les flots qui ruisseloient de leurs propres 1blessures.-
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