compter qu’il est plus facile à im Asiatique de s’instrui-re- des mœurs des François dans un an , qu’il ne l està un François de s’instruire des mœurs des Asiatiquesdans quatre ; parce que les uns se livrent autant queles autres fe communiquent peu.
L’usage a permis à tout Traducteur, & même auplus barbare Commentateur , d’orner la tête de faVersion , ou de fa Glose , du panégyrique de l’Ori-ginal , & d’en relever futilité , le mérite , f excel-lence. Je ne l’ai point fait : on en devinera facile-ment les raisons ; une des meilleures est , que ce fe-roit une choie trés-ennuyeufe , placée dans un lieudéjà trés-ennuyeux de lui même, je veux dire unePréface.
<ls5S?r ■ iïSsSïy •‘TsSSfR <«5
LETTRE I.
. U S B E K a son Ami NESSIR, '
A lspaban.
A Une Journée d’Erivan nous quittâmes la Per-se pour entrer dans les Terres de f obéis-sance des Turcs. Douze jours après nousarrivâmes à Erzéron : où nous séjournerons troisou quatre mois.
Il faut que je te f avoue , Neísir , j’ai senti unedouleur secrette quand j’ai perdu la Perse de vue ,& que je me suis trouvé au milieu des perfides Osinan-lins. A mesure que j’entrois dans les Pays de cesprofanes, il me fembloit que je devenois profanemoi-même.
A a Ma