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Lettres Persanes / [Charles Louis de Secondat de Montesquieu]
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LETTRES

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Les revenus des Citoyens ne s y afferment point jils ne consistent queu'esnrií Sc en industrie : chacuna la sienne , quil sait valoir de son mieux.

Qui voudroit nombrer tous ìes gens de Loi, quipoursuivent le revenu de quelque Mosquée^, auroitaustì-tot compté les sables de la Mer , Sc les esclavesde nôtre Monarque.

Un nombre infini de Maîtres de Langues, dArtsSc de Sciences enseignent ce quils ne fçavent pas}& ce talent est bkn considérable $ car il ne faut pasbeaucoup desprit pour montrer ce quon sçait ; maisil en faut infiniment pour enseigner ce quon ignore.

On ne peut mourir ici que subitement ; la mortne sçauroit autrement exercer son Exnpire , car il ya dans tous les coins des gens , qui ont des remèdesinfaillibles contre toutes les maladies imaginables.

Toutes les Boutiques font tendues de filets in-visibles , fe vont prendre tous les acheteurs : lonen fort pourtant quelquefois à bon marché : unejeune Marchande cajole un homme une heure entière,pour lui faire acheter un paquet de curedents.

II ny a personne , qui ne sorte de cette Villeplus précautionné quil ny est entré : à force de frirepart de son bien aux autres , on apprend à le conser-ver ; seul avantage des étrangers dans cette Ville en-chanteresse.

A Paris le 10. de la Lune

de Saphar. 1 714.

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