LETTRES
180
nôtre sommeil est sans cesse interrompu par leursméfknces feintes, ou véritables. Ce qui me console,c’est que tout ceci ne durera pas long-tems ; & qusces peines finiront avec ma vie : elle ne fera pas lon-gue , cruel Usbek ; je ne te donnerai pas le teins defaire cesser tous ces outrages.
Lu Serrail dìspahan le z. de la Lunede Maharram. ijzo.
LETTRE CXXXIX.
S O L I M « U S B E R.
A Paris.
J E me plains, magnifique Seigneur ; & je te plains ;jamais serviteur fidelle n’est descendu dansfaffreux désespoir où je suis ; voici tes malheurs& les miens : je ne t 5 en écris qu’en tremblant.
Je jure par tous les Prophètes du Ciel, que de-puis que tu m’as confié tes femmes , j'ai veillé nuit& jour fur elles ; que je fiai jamais suspendu un mo-ment le cours de mes inquiétudes : j'ai commencemon ministère par les châtimens ; & je les ai suspen-dus , fans sortir de mon austérité naturelle.
Mais que te dis—je ? Pourquoi te vanter ici unefidélité qui t’a été inutile : oublie tous mes servicespassez : regarde-moi comme un traître ; & punis-moi de tous les crimes que je n’ai pù empêcher.
Roxa-