Discours I l'X. 145.nommés les Safriens (a). Echauffés, com-mue tous réformateurs , d’un orgueil plusféroce & d’une croyance plus ferme , cessectaires voyoient, d’une vue plus dis-tincte , les plaisirs célestes que l’espérancene présentoir aux autres musulmans quedans un lointain plus confus,. Austì ces fu-rieux Safriens vouloient-ils purger la terrede ses erreurs , éclairer ou exterminer lesnations, qui, difoient-ils, à leur aspect,dévoient, frappées de terreur ou de lu-mière , fe détacher de leurs préjugés 011de leurs opinions auííi promptement quela fléché fe détache de l’arc dont elle estdécochée.
Ce que je dis des Arabes & des Safrienspeut s’appliquer à toutes les nations muespar le ressort des religions ; c’est en cegenre l’égal degré de crédulité , qui, chez
(tf) Ces Safriens étoient si redoutés, qu’Adi,capitaine d’une grande réputation , ayant reçuordre d’attaquer, avec six cents hommes , centvingt de ces fanatiques qui s’étoient rassemblésdans le gouvernement d’un nommé Ben-Mervan;ée capitaine représenta qu’avides de la mort,chacun de ces sectaires pouvoir combattre avecavantage contre vingt Arabes ; & qu'ainsi l’iné-galité du courage n'étant point dans cette occa-sion compensée par l’inégarité du r.qmbre , il nehazarderoit point un combat que fa valeur dé-terminée de ces fanatiques rendoit si inégal,
» Tome IL G