146 .De l’Esprit.
tous les peuples , produit l’équilibre de
leur paíîìon & de leur courage.
A l’égard des • pallions d’une autre espe-ce, c’est encore le degré inégal de leurforce , toujours occasionné par la diver-sité des gouvernements & des positionsdes peuples, qui, dans la même extré-mité , les détermine à des partis très-dif-férents.
Lorsque Théraistocle vint , à main ar-mée , lever des subsides considérables furses riches alliés de fa république ; ces alliés,dit Plutarque, s’empresserent de les luifournir, parce qu’unc crainte proportion-née aux richesses qu’il pouvoit leur enle-ver les rendoit souples aux volontés d’A-thenes. Mais, lorsque ce même Thémis-tocle s’adressa à des peuples indigents ;que , débarqué à Andros , il sit les mêmesdemandes à ces insulaires , leur déclarantqu’il- venoit, acc-ompagné de deux puis-santes divinités , le Besoin & la Force, qui,disoit-il , entraînent toujours la persuasionà leur fuite , Tkémiflocle , .lui répondirentles habitants d’Andros , nous nous soumet-trions , comme Les autres alliés , à tes ordres^f nous n étions aujjlprotégés par deux divi-nités auss puissantes que les tiennes , l'Indi-gence , & le Désespoir qui méconnoît laForce.
La vivacité des paissons dépend donc