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qu’on peut à-la-vérité considérer à part, mais qu’onne sauroit concevoir être l’trne sans l’autre ; tdlesque font, par exemple, le corps & l’éteridue.Ainsi le but de 1a précism est de ne point sortir dusujet, en éloignant pour c-et estet tout ce qui luiest étranger; Lc celui de Yabfbaffion est de ne pasentrer dans toute l’étendufe du sujet, en n’en pre-nant qu’une partie sans aucun égard à l'autre.
II n’y a point de science plus certaine ni plusclaire que la Géométrie, par ce qu’elle fait des pré-cisions exactes : on y a cependant mêlé certainesabfiraSlims métaphysiques, qui font que les Géo-mètres tombent dans l'erreur comme les autres;non pas à-la-vérité quand il est question de gran-deur & de mesure, mais quand il est question dephysique.
On ne sauroit sc faire des idées trop précises ,thaïs il est quelquefois dangereux d'en avoir detrop abstraites. Les premières font la voie la plussure pour aller au vrai dans les sciences & au buedans les affaires ; au-lieu que les secondes fouvencnous en éloignent.
La précision est un don de la nature né avecTesprit : ceux qui en sont doués font d’un excellentcommerce pour ’la conversation ■ on les écoute e»vec plaisir,parce qu’ils écoutent aussi de leur côté;ils entendent également ce qu’on leur dit, comme0s font entendre ce qu’ils disent. L’abstraéìion estun fruit de l’étude produit par une profonde apli-cation : ceux à qui elle est familière parlent qud-;quefois avec trop de subtilité des choses commu-nes ; les sujets simples & naturels deviennent, dansleurs discours, très difficiles à comprendre par 1*manière dont ils les traitent.
Les idées précises embellissent le langage ordi-naire , & en font selon moi le sublime. LesK d idées