z24. Prosodie Françoise.
aussi sûres, & réduites à un aussi petit nombre;que celles du Grec 8c du Latin.
ARTICLE CINQUIEME.
Utilité de la Prosodie.
P Uisque la Prosodie nous enseigne la juste me-sure des syllabes, elle est donc utile, elle estnécessaire pour bien parler. Mais ce scroit parlertrès mal, que d’en observer les règles avec uneexactitude, qui laisserait entrevoir de l’affectation,ou de la contrainte. Tout respire une aimable li-berté dans la conversation des honnêtes- gens. Vi-vacité, & douceur, c’est ce qui fait le caractèredu François: & il faut que son caractère se re-trouve dans son langage. Aussi ceux qui jettèrencles fondemens de notre Langue, se propo(èrent-ilsévidemment ces deux fins. Pour la rendre vive,ou ils ont abrégé les mots empruntés du Latin;ou, lorsqu’ils n’ont pu diminuer le nombre dessyllabes, du moins ils en ont diminué la valeur,en faisant brèves la plupart de celles qui étoientlongues. Pour la rendre douce, i!s ont imaginéI’e muet, qui rend nos élisions coulantes: & com-me les articles & les pronoms reviennent souvent,ils en ont banni (a) l’ hiatus , jugeant une caco-phonie pire qu’une irrégularité.
Toutes les syllabes paraissent brèves dans laconversation. Cependant, si l’oreille se rend at-tenti-
fs) Uipít , pour la Ipit. Mon amitié , poil %ma amitié.Impettacum est à çoasiienidiae, m peceaie suavitatis causaiieerer. Orat, 47.