Prosodie Françoise. 325
tentive, elle sent que la Prosodie est observée parles personnes qui parlent bien. Les femmes, or-dinairement, parlent mieux que les hommes. Sìl’on en croit Cicéron, cela vient de ce qu’étant(a) moins répandues, elles conservent plus fidèle-ment l’accent d’une bonne éducation, & risquentmoins de le corrompre par un accent étranger.’Cette raison pouvoic être bonne pour les DamesRomaines : mais il y en a une meilleure pour cel-les de la Cour & de Paris : c’est qu’elles ont lesorganes plus délicats que nous, & plus d’habitudeà discerner ce qui plaît, ou ne plaît point.
Plus la prononciation est lente, plus la Prosodiedevient sensible. On lit plus lentement qu’on neparle ; ainsi la Prosodie doit être plus marquéedans la lecture. Mais elle i’ett bien plus encoreau Barreau, dans la Chaire, & fur le Théâtre.C’est là,particulièrement,qu’elle doit se déployer.Et quoiqu’il ne soit permis de chanter, ni en li-sant , ni en prononçant un discours, ni en ré-citant, ou déclamant des vers, il y a cependantje ne íai quelle modulation, que ces différentesfonctions de la voix amènent nécessairement, &qui en font toute la grâce. Je tâcherais de mar-quer en quoi cette modulation diffère de ce quej’ai appellé l’accent oratoire, s’il n’étoit commeimpossible de s’expliquer, lorsqu’on veut poussertrop loin l’anatomie des sons.
Pour laisser donc ici tout ce que les préceptesenseignent imparfaitement, & que l’on peut beau-coup mieux apprendre de l’Usage, j’abandonne cequi regarde la conversation, la lecture, la décla-mation , & je ne considère futilité de la Prosodie,que par rapport à la Poésie, & à i’Eloquence.
O 7 Quand
(-) Dt Oral . iiv. 111 . chip. aï.