Prosodie Françoise. 327
convînt, à l’exclusion de la Rime? D’ailleurs,’quand notre Langue nous permettrait de faire desvers mesurés, fur quel fondement a-t-on voulu queles mesures des Grecs (a) fussent aussi les nôtres?11 est aisé de voir que nos François, il y a centcinquante ans, n’étoient point encore assez en gar-de contre les abus de l’érudition, qui ne faiíòitproprement que de naître chez eux. L’érudition,lans doute, est nécessaire pour former, & pourassurer le goût: mais le goût, à son tour, est né-cessaire pour digérer l’érudition, si j’ose ainsi par-ler, & pour empêcher que l’esprit ne conveniílgen poison ce qui est destiné à être sa plus fainenourriture. On doit également craindre, Lc l’i»gnorance, & le pédantisme. Ceux qui négligentde s’instruire avec l’Antiquité,risquent d’être bienneufs toute leur vie: Sc ceux qui ne veulent con-noîcreque l'Antiquité, ne font jamais, ni de leurtems, ni de leur nation.
Voyons en quoi, & jusqu’à quel point nouspouvons tourner à nos usages, les secours que lesAnciens tiraient de leur Prosodie. II est clair quelà vertu consiste dans ce qu’ils appeiloìent le Ryth-me, c’est-à-dire, V assemblage de plusieurs tems , qui-gardent entre eux certain ordre , ou certaines (b)proportions. Or il y a ici deux choses à distin-guer : la prémière, Ays ce fl un assemblage de plu-sieurs tems : la seconde, flste ces tems gardent entreeux certaines proportions. Quant à la prémière,
nous
fa) Vers Cûriambìque iin-.ìtrebyptrcataUùiqní. Vers daây-htrecbmque-tètramhtre bracbycataleHique. Termes employéspar Bais. Peut-on rien imaginer de plus burlesque dansla bouche d’un François?
(£) C’cst la définition d’Aristide-Quintilien, rapportéedans les Mémoires de l’Académie des Belles - Lettres,Tom, V. pag. isa.