;r6 Prosodie Françoise.'
I.
Quand j’ai parlé de nos vers mesurés à la manié»re des Grecs & des Latins, j’ai seulement voulucn conclurre que notre Prosodie avoit été fortconnue dès le teins de Charles IX. Je n’ai pré-tendu dire, ni que cette forte de versification fûtpossible en notre Langue : ni, en la supposant pos-sible, qu’eile nous convînt.
Prémièrement, elle ne me paroît pas possible.'Car, quoique notre Langue nous fournissedes lon-gues & des brèves, ce n’est pas avec le pouvoirde les placer à notre gré. Telle est la construc-tion de nos phrases, que l’ordre naturel y doit êtretoujours observé, en vers, comme en prose. Onfait marcher le nominatif devant le verbe ; il fautque l’adjectif touche immédiatement le substantif,devant ou après; & lors même qu’en faveur de lanetteté, ou de l’énergie, nous faisons de légèresinversions, elles ont aussi leurs règles, qui nousôtent la liberté de les glisser où il nous plaît. Unde nos Poètes n’est donc pas maître d’arranger sesparoles comme bon lui semble, pour attraper lamesure dont il a besoin : & quand, par hazard, ilauroit rencontré la mesure d’un vers Saphique, otiAlcaïque, ce n’est pas à dire qu’il pût en faire unsecond, ni, à plus forte raison, une Ode entière,comme les Poètes du seizième siècle l’avoient en-trepris. Parmi plus de mille vers mesurés,que j’aieu la curiosité de lire,je n’en ai pas trouvé un seulde bon, ni même de supportable.
Mais, en second lieu,quand même les vers me-surés scroient pour nous quelque chose de possi-ble, &, si l’on veut, de facile : où Jodelle & Baïfavoient-ils pris que cette espèce d’barmonie nous
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