Prosodie Françoise? ;;z
5 ', pond toujours à un tems, & une syllabe longue„ à deux. En François, fur-tout par rapport au„ chant, les brèves &c les longues peuvent avoir„ une plus grande latitude,(s’il est permis de s’ex-„ primer ainsi) c’est-à-dire qu’une brève répondra„ quelquefois à deux tems de ceux des Anciens,„ une longue à trois ou quatre. Mais quelque li-„ berté que se donne là-dessus le Musicien, il doit3, si bien ménager la durée des sons, les uns à l’é-3, gard des autres, qu’ils fassent toujours apperce-„ voir la différence qui distingue une syllabe lon-„ gue d’avec une brève : & quiconque se dispense„ de cette règle, doit passer pour mauvais (a)„ Musicien.
Aussi, chez les anciens Grecs, tout Poète é-toit-il nécelìàirement Musicien : & cette liaison in-„ rime de la Musique & de la Poésie, dit ailleurs„ Mr. Burette, étoit dûe principalement au ryth-„ me ou à la cadence, qui étoit commune à l’une
& à l’autre. C’est-à-dire que la Poésie seule-„ ment prononcée faifoit sentir précisément la rnê-„ me cadence, que lorsqu’on la chantoit après l’a-„ voir mise en Musique. Celle-ci ne faifoit donc„ qu’ajouter à celle-là des sons convenables à l'ex-,, pression des vers ; & comme le Poète connois-„ soit mieux que tout autre, quelle étoit la force„ de cette expression, sur-tout dans une Poésie„ dont il étoit fauteur, personne n’étoit plus ca-„ pable que lui d’y joindre les sons les plus pro-„ prés & les plus énergiques. De-là vient qu’alors„ toute Poésie n’étoit faite que pour être chantée ;„ ce qui doit s’entendre , non seulement de la„ Poésie lyrique, mais encore de l’épique, de l’é-„ légiaque, &C. - II
(a) Voyez les Me'moîies de ? Académie des Eelles-Leutics, Tom. V. pag, ií+. “