33+ Prosodie Françoise.'
II n’en est pas de-tnême parmi nous, ajoute Mr.Burette. „ Toute Poësie ne comporte pas la Mu-,, sique. La versification qui paroît la plus lyri-,, que, n’obéit pas toujours à la mélodie. La ca-,, aence musicale estropie souvent celle des vers,„ laquelle ne consiste plus que dans une pronon-,, dation régulière des mots, qui fasse sentir les„ brèves & les longues où elles se rencontrent„ fortuitement; la structure du vers ne mettant,, dans ces syllabes aucun arrangement uniforme,„ comme l’y mettoient les Anciens. En un mot,„ ces deux talens, qui font le Poète & le Musi-„ cien, se trouvent aujourd’hui fi rarement réu-„ nis, que dans ces magnifiques spectacles, à la„ perfection desquels ces deux Arts semblent con-„ courir à l’envi, mais souvent avec très peu de,, succès, le Poète accuse de cette disgrâce la„ mauvaise Musique, & le Musicien s’en prend„ à la mauvaise (a) Poësie.
Une plus exacte connoissance de notre Proso-die mettroit, ce me semble, les Poètes & les Mu-siciens hors d’état de faire des fautes, qui ne leurfussent communes. Peut-être auísi ne leur seroit-il pas difficile, s’ils vouloient s’entendre, de con-cilier en quelque forte l’ancienne Musique avec lanouvelle. O»peut, à it positivement le P. Mersen-ne, transporter dans ms vers rimés toute la riches -se , la variété, & la beauté des mouvemens, quifont dans les Poëfes des Grecs , fans qu ilsoit néces-saire ( b ) de pratiquer les vers mesurés. Un aveu si.formel est glorieux à notre Langue ; car le P.Mersenne paroît d’ailleurs Thomme du monde le
plus
(a) Mr. Burette, Dialogue de Piutarçue fur la MuJìjue ,
Remarque XVII. i
(b) Harmonie Univ, Liv. VI."Propos, 37.