Prosodie Françoise. 337
fervations» que l’on aie faites fur l’harmonie de laprose: en second lieu, sur quel fondement, &àquelle occasion elles fe firent: troisièmement, enquoi cette harmonie consiste: Sc enfin, commenton doit en user. Voici donc,fur ces quatre points,le précis de fa doctrine, mais dépouillé de ce quin’a rapport qu’au Latin, Sc accompagné de ce quiregarde le François.
Prémièrement, il est certain que le nombreoratoire n’a été trouvé,ou du moins réduit en Art,que longtems après la mesure du vers. Cicéronen reconnoit Ifocrate pour le principal auteur, 8clíòcrate n’a vécu que plus de six cens ans aprèsHomère. Pour ce qui est des Romains, il paroleque Cicéron, à cet égard, fut leur Ifocrate. Quoiqu’il en soit, les Romains n’ont jamais su que cequ’ils apprirent des Grecs. Aujourd’hui encore,quoique tous les siècles & tous les "Peuples noussoient connus, il faut convenir qu’en ce qui con-cerne les Beaux-Arts, les Grecs du bon'siècle, quifut celui de Philippe Sc d’Alexandre,font toujourseux seuls, ou du moins préférablement à tous au-tres, les précepteurs du genre-humain, Puifqu’uneNation, si attentive d’ailleurs aux grâces du langa-ge, tarda si longtems à trouver le nombre oratoi-re, c’est une consolation pour nous, qui ne con-noiflons ce genre d’harmonie, que depuis Malher-be dans les vers, Lc depuis Balzac dans la proie.Je parle de Malherbe, parce qu’en effet le nombredont il s’agit ici, n’est nullement la mesure duvers: & au reste je dis indifféremment, nombre ,harmonie , cadence , pour exprimer la même idée,qui dans un moment íe débrouillera tout-à-fait.
Mais , en second lieu , comment le nombreoratoire fut-il observé, & fur quel fondement?Rien de plus simple, dit Cicéron: & je m’éton-P ne,