Prosodie Françoise. 34-t
tend point qu’on la dédommage à 1a fin de la pério-de, aussi ne permet-elle pas d’en négliger le milieu.
Toutes nos phrases, d’un bout à l’autre, doi-vent donc être nombreuses. Mais la cadence doitperpétuellement varier : car, d’être uniforme dansfon harmonie, ou de n’en avoir point, ce sontdeux extrémités aussi vicieuses l’une que l’autre.Tantôt la période fera de deux membres, tantôtde trois, tantôt de quatre. Quelquefois elle iramême plus loin : cat il faut de toute nécessité, quela marche du discours se proportionne à celle deïesprit, qui peut de tems en tems avoir besoind’un plus grand espace pour se déployer. Quel-quefois aussi, Sc plus souvent encore, il lui arrivede se renfermer dans l’espace le plus court. Unmot lui suffit? un mot doit donc faire toute laphrase. Jamais Foreiiìe ne se fâche, quand FeC-prit eit content.
On voudroit inférer de-là, que tout est doncarbitraire dans le style: puisque, suivant les Maî-tres de l’Art, il nous est permis de faire nos phra-ses, Sc aussi longues, Sc aussi courtes qu’il nouaplaît : puisque nous pouvons y taire entrer touteforte de mots, Sc les plus rudes aussi bien que lesplus coulans: puisqu’enfin la distribution des lon-gues Sc des brèves n’a rien, ni de borné quant annombre, ni de fixe quant au lieu.
Je conviens des principes. Aristote Sc Cicéronles reçoivent, les établissent. Je nie seulementles conséquences qu’on en veut tirer. Rien n’eíèdéterminé, ni prescrit j cela est vrai. Tout est doncarbitraire; cela est faux. Ici nos Métaphysiciensauroienr beau se recrier : ils ont astàire à un Jugequi en fait plus qu’eux, Sc qui même (a) pousseForgueil encore plus loin qu’eux. Quel est-il?
P 3 l’o-
(a) ^Attres , qattrum tjljudicium s:tperíi£îmua, O ra t. XLlVìi,