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LES ROUGON-MACQUART.
pouvait donc partir, que se passait-il? Il lui semblaits’impatienter depuis de longues minutes. Enfin, unesecousse l’ébranla, et tout sombra, les objets autourde lui s’envolèrent; tandis qu’il éprouvait un vertigeanxieux de chute, qui lui tirait les entrailles. Cela duratant qu’il fut au jour, franchissant les deux étages desrecettes, au milieu de la fuite tournoyante des charpentes.Puis, tombé dans le noir de la fosse, il resta étourdi,n’ayant plus la perception nette de ses sensations.
— Nous voilà partis, dit paisiblement Maheu.
Tous étaient à l’aise. Lui, par momen ts, se demandait s’ildescendait ou s’il montait. Il y avait comme des immobi-lités, quand la cage filait droit, sans toucher aux guides;et de brusques trépidations se produisaient ensuite, unesorte de dansement dans les madriers, qui lui donnait lapeur d’une catastrophe. Du reste, il ne pouvait distinguerles parois du puits, derrière le grillage où il collait saface. Les lampes éclairaient mal le tassement des corps,à ses pieds. Seule, la lampe à feu libre du porion, dansla berline voisine, brillait comme un phare.
— Celui-ci a quatre mètres de diamètre, continuaitMaheu, pour l’instruire. Le cuvelage aurait bon besoind’être refait, car l’eau filtre de tous côtés... Tenez! nousarrivons au niveau, entendez-vous?
Etienne se demandait justement quel était ce bruitd’averse. Quelques grosses gouttes avaient d’abord sonnésur le toit de la cage, comme au début d’une ondée ;et, maintenant, la pluie augmentait, ruisselait, se chan-geait en un véritable déluge. Sans doute, la toiture étaittrouée, car un filet d’eau, coulant sur son épaule, letrempait jusqu’à la chair. Le froid devenait glacial, onenfonçait dans une humidité noire, lorsqu’on traversa unrapide éblouissement, la vision d’une caverne où deshommes s’agitaient, à la lueur d’un éclair. Déjà, onretombait au néant.