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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

pouvait donc partir, que se passait-il? Il lui semblaitsimpatienter depuis de longues minutes. Enfin, unesecousse lébranla, et tout sombra, les objets autourde lui senvolèrent; tandis quil éprouvait un vertigeanxieux de chute, qui lui tirait les entrailles. Cela duratant quil fut au jour, franchissant les deux étages desrecettes, au milieu de la fuite tournoyante des charpentes.Puis, tombé dans le noir de la fosse, il resta étourdi,nayant plus la perception nette de ses sensations.

Nous voilà partis, dit paisiblement Maheu.

Tous étaient à laise. Lui, par momen ts, se demandait sildescendait ou sil montait. Il y avait comme des immobi-lités, quand la cage filait droit, sans toucher aux guides;et de brusques trépidations se produisaient ensuite, unesorte de dansement dans les madriers, qui lui donnait lapeur dune catastrophe. Du reste, il ne pouvait distinguerles parois du puits, derrière le grillage il collait saface. Les lampes éclairaient mal le tassement des corps,à ses pieds. Seule, la lampe à feu libre du porion, dansla berline voisine, brillait comme un phare.

Celui-ci a quatre mètres de diamètre, continuaitMaheu, pour linstruire. Le cuvelage aurait bon besoindêtre refait, car leau filtre de tous côtés... Tenez! nousarrivons au niveau, entendez-vous?

Etienne se demandait justement quel était ce bruitdaverse. Quelques grosses gouttes avaient dabord sonnésur le toit de la cage, comme au début dune ondée ;et, maintenant, la pluie augmentait, ruisselait, se chan-geait en un véritable déluge. Sans doute, la toiture étaittrouée, car un filet deau, coulant sur son épaule, letrempait jusquà la chair. Le froid devenait glacial, onenfonçait dans une humidité noire, lorsquon traversa unrapide éblouissement, la vision dune caverne deshommes sagitaient, à la lueur dun éclair. Déjà, onretombait au néant.