GERMINAL.
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Maheu disait :
— C’est le premier accrochage. Nous sommes à troiscent vingt mètres... Regardez la vitesse.
Levant sa lampe, il éclaira un madrier des guides,qui filait ainsi qu’un rail sous un train lancé à toutevapeur ; et, au delà, on ne voyait toujours rien. Troisautres accrochages passèrent, dans un envolement declartés. La pluie assourdissante battait les ténèbres.
— Comme c’est profond I murmura Etienne.
Cette chute devait durer depuis des heures. Il souffraitde la fausse position qu’il avait prise, n’osant bouger,torturé surtout par le coude de Catherine. Elle ne pro-nonçait pas un mot, il la sentait seulement contre lui, quile réchauffait. Lorsque la cage, enfin, s’arrêta au fond,à cinq cent cinquante-quatre mètres, il s’étonna d’ap-prendre que la descente avait duré juste une minute.Mais le bruit des verrous qui se fixaient, la sensationsous lui de cette solidité, l’égaya brusquement; et ce futen plaisantant qu’il tutoya Catherine.
— Qu’as-tu sous la peau, à être chaud comme ça?...J’ai ton coude dans le ventre, bien sûr.
Alors, elle éclata aussi. Etait-il bête, de la prendreencore pour un garçon ! Il avait donc les yeux bou-chés ?
— C’est dans l’œil que tu l’as, mon coude, répondit-elle, au milieu d’une tempête de rires, que le jeune homme,surpris, ne s’expliqua point.
La cage se vidait, les ouvriers travers èrent la sallede l’accrochage, une salle taillée dans le roc, voûtée enmaçonnerie, et que trois grosses lampes à feu libre éclai-raient. Sur les dalles de fonte, les chargeurs roulaientviolemment des berlines pleines. Une odeur de cavesuintait des murs, une fraîcheur salpêtrée où passaientdes souffles chauds, venus de l’écurie voisine. Quatregaleries s’ouvraient là, béantes.