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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUA.RT.

sait pas, il trouvait trop gamine sa tête blafarde de Pier-rot, serrée aux tempes par le béguin. Mais ce qui léton-nait, cétait la force de cette enfant, une force ner-veuse il entrait beaucoup dadresse. Elle emplissaitsa berline plus vite que lui, à petits coups de pelle régu-liers et rapides; elle la poussait ensuite jusquau planincliné, dune seule poussée lente, sans accrocs, passantà laise sous les roches basses. Lui, se massacrait,déraillait, restait en détresse.

A la vérité, ce nétait point un chemin commode. Ily avait une soixantaine de mètres, de la taille au planincliné ; et la voie, que les mineurs de la coupe à terrenavaient pas encore élargie, était un véritable boyau,de toit très inégal, renflé de continuelles bosses : à cer-taines places, la berline chargée passait tout juste, leherscheur devait saplatir, pousser sur les genoux,pour ne pas se fendre la tète. Dailleurs, les boispliaient et cassaient déjà. On les voyait, rompus aumilieu, en longues déchirures pâles, ainsi que des bé-quilles trop faibles. Il fallait prendre garde de sécorcherà ces cassures; et, sous le lent écrasement qui faisaitéclater des rondins de chêne gros comme la cuisse, onse coulait à plat ventre, avec la sourde inquiétude den-tendre brusquement craquer son dos.

Encore ! dit Catherine en riant.

La berline dEtienne venait de dérailler, au passagele plus difficile. Il narrivait point à rouler droit, surces rails qui se faussaient dans la terre humide; et iljurait, il semportait, se battait rageusement avec lesroues, quil ne pouvait, malgré des efforts exagérés,remettre en place. '

Attends donc, reprit la jeune fille. Si tu te fâches,jamais ça ne marchera.

Adroitement, elle sétait glissée, avait enfoncé àreculons le derrière sous la berline ; et, dune pesée