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LES ROUGON-MACQUART.
la figure quelque part, on ne savait pas où. Puis, quandils la quittèrent, l’enfant poussa de nouveau sa berline,éreintée, boueuse, raidissant ses bras et ses jambes d’in-secte, pareille à une maigre fourmi noire en lutte contreun fardeau trop lourd. Eux, dévalaient sur le dos, apla-tissaient leurs épaules, de peur de s’arracher la peaudu front ; et ils filaient si raide, le long de la roche poliepar tous les derrières des chantiers, qu’ils devaient, detemps à autre, se retenir aux bois,-pour que leurs fessesne prissent pas feu, disaient-ils en plaisantant.
En bas, ils se trouvèrent seuls. Des étoiles rouges dis-paraissaient au loin, à un coude de la galerie. Leurgaieté tomba, ils se mirent en marche d’un pas lourdde fatigue, elle devant, lui derrière. Les lampes char-bonnaient, il la voyait à peine, noyée d’une sorte debrouillard fumeux; et l’idée qu’elle était une fille luicausait un malaise, parce qu’il se sentait bête de nepas l’embrasser, et que le souvenir de l’autre l’en em-pêchait. Assurément, elle lui avait menti : l’autre étaitson amant, ils couchaient ensemble sur tous les tasd’escaillage, car elle avait déjà le déhanchement d’unegueuse. Sans raison, il la boudait, comme si elle l’eûttrompé. Elle pourtant, à chaque minute, se tournait,l’avertissait d’un obstacle, semblait l’inviter à être ai-mable. On était si perdu, on aurait si bien pu rire enbons amis! Enfin, ils débouchèrent dans la galerie deroulage, ce fut pour lui un soulagement à l’indécisiondont il souffrait; tandis qu’elle, une dernière fois, eutun regard attristé, le regret d’un bonheur qu’ils ne re-trouveraient plus.
Maintenant, autour d’eux, la vie souterraine grondait,avec le continuel passage des porions, le va-et-vient destrains, emportés au trot des chevaux. Sans cesse, deslampes étoilaient la nuit. Ils devaient s’effacer contre laroche, laisser la voie à des ombres d’hommes et de bê-