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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

la figure quelque part, on ne savait pas. Puis, quandils la quittèrent, lenfant poussa de nouveau sa berline,éreintée, boueuse, raidissant ses bras et ses jambes din-secte, pareille à une maigre fourmi noire en lutte contreun fardeau trop lourd. Eux, dévalaient sur le dos, apla-tissaient leurs épaules, de peur de sarracher la peaudu front ; et ils filaient si raide, le long de la roche poliepar tous les derrières des chantiers, quils devaient, detemps à autre, se retenir aux bois,-pour que leurs fessesne prissent pas feu, disaient-ils en plaisantant.

En bas, ils se trouvèrent seuls. Des étoiles rouges dis-paraissaient au loin, à un coude de la galerie. Leurgaieté tomba, ils se mirent en marche dun pas lourdde fatigue, elle devant, lui derrière. Les lampes char-bonnaient, il la voyait à peine, noyée dune sorte debrouillard fumeux; et lidée quelle était une fille luicausait un malaise, parce quil se sentait bête de nepas lembrasser, et que le souvenir de lautre len em-pêchait. Assurément, elle lui avait menti : lautre étaitson amant, ils couchaient ensemble sur tous les tasdescaillage, car elle avait déjà le déhanchement dunegueuse. Sans raison, il la boudait, comme si elle leûttrompé. Elle pourtant, à chaque minute, se tournait,lavertissait dun obstacle, semblait linviter à être ai-mable. On était si perdu, on aurait si bien pu rire enbons amis! Enfin, ils débouchèrent dans la galerie deroulage, ce fut pour lui un soulagement à lindécisiondont il souffrait; tandis quelle, une dernière fois, eutun regard attristé, le regret dun bonheur quils ne re-trouveraient plus.

Maintenant, autour deux, la vie souterraine grondait,avec le continuel passage des porions, le va-et-vient destrains, emportés au trot des chevaux. Sans cesse, deslampes étoilaient la nuit. Ils devaient seffacer contre laroche, laisser la voie à des ombres dhommes et de-