GERMINAL.
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— Qu’est-ce que vous fichez là, tous? Allons, houp :bougresses qui m amenez un homme ici G’est propre,de venir faire vos saletés dans ma paille.
Mouquette trouvait ça drôle, se tenait le ventre. MaisEtienne, gêné, s’en alla, tandis que Catherine lui sou-riait. Comme tous trois retournaient à l’accrochage, Bé-bert et Jeanlin y arrivaient aussi, avec un train de ber-lines. Il y eut un arrêt pour la manœuvre des cages, etla jeune fille s’approcha de leur cheval, le caressa de lamain, en parlant de lui à son compagnon. C’était Ba-taille, le doyen de la mine, un cheval blanc qui avaitdix ans de fond. Depuis dix ans, il vivait dans ce trou,occupant le même coin de l’écurie, faisant la même tâ-che le long des galeries noires, sans avoir jamais revule jour. Très gras, le poil luisant, l’air bonhomme, ilsemblait y couler une existence de sage, à l’abri desmalheurs de là-haut. Du reste, dans les ténèbres, il étaitdevenu d’une grande malignité. La voie où il travaillait,avait fini par lui être si familière, qu’il poussait de latête les portes d’aérage, et qu’il se baissait, afin de ne pas secogner, aux endroits trop bas. Sans doute aussi il comp-tait ses tours, car lorsqu’il avait fait le nombre régle-mentaire de voyages, il refusait d’en recommencer unautre, on devait le reconduire à sa mangeoire. Mainte-nant, l’âge venait, ses yeux de chat se voilaient parfoisd’une mélancolie. Peut-être revoyait-il vaguement, aufond de ses rêvasseries obscures, le moulin où il étaitné, près de Marchiennes, un moulin planté sur le bordde la Scarpe, entouré de larges verdures, toujours éventépar le vent. Quelque chose brûlait en l’air, une lampeénorme, dont le souvenir exact échappait à sa mémoirede bête. Et il restait la tête basse, tremblant sur sesvieux pieds, laisant d’inutiles efforts pour se rappelerle soleil.
Cependant, les manœuvres continuaient dans le puits,