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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

Mais le chargeur, un beau garçon, aux membres fortset au visage doux, refusa dun geste effrayé.

Impossible, demande au porion... On me mettraità lamende.

De nouveaux grondements furent étouffés. Catherinese pencha, dit à loreille dEtienne :

Tiens donc voir lécurie. Cest quil fait boni

Et ils durent séchapper sans être vus, car il était dé-fendu dy aller. Elle se trouvait à gauche, au bout dunecourte galerie. Longue de vingt-cinq mètres, haute dequatre, taillée dans le roc et voûtée en briques, ellepouvait contenir vingt chevaux. Il y faisait bon en effet,une bonne chaleur de bêtes vivantes, une bonne odeurde litière fraîche, tenue proprement. Lunique lampeavait une lueur calme de veilleuse. Des chevaux au re-pos tournaient la tête, avec leurs gros yeux denfants,puis se remettaient à leur avoine, sans hâte, en travailleursgras et bien portants, aimés de tout le monde.

Mais, comme Catherine lisait à voix haute les noms, surles plaques de zinc, au-dessus des mangeoires, elle eutun léger cri, en voyant un corps se dresser brusque-ment devant elle. Cétait la Mouquette, effarée, qui sortaitdun tas de paille, elle dormait. Le lundi, lorsquelleétait trop lasse des farces du dimanche, elle se donnaitun violent coup de poing sur le nez, quittait sa taillesous le prétexte daller chercher de leau, et venait sen-fouir, avec les bêtes, dans la litière chaude. Son père,dune grande faiblesse pour elle, la tolérait, au risquedavoir des ennuis.

Justement, le père Mouque entra, court, chauve, ra-vagé, mais resté gros quand même, ce qui était rare chezun ancien mineur de cinquante ans. Depuis quon enavait fait un palefrenier, il chiquait à un tel point, queses gencives saignaient dans sa bouche noire. En aper-cevant les deux autres avec sa fille, il se fâcha.