Buch 
Germinal / par Émile Zola
Entstehung
JPEG-Download
 

GERMINAL.

117

brave femme a sept enfants! Tous nos ménages sontcomme ça... Je vous expliquais que la Compagnie leurloue la maison six francs par mois. Une grande salle aurez-de-chaussée, deux chambres en haut, une cave et unjardin.

Le monsieur décoré et la dame en manteau de four-rure, débarqués le matin du train de Paris, ouvraientdes yeux vagues, avaient sur la face lahurissement deces choses brusques, qui les dépaysaient.

Et un jardin, répéta la dame. Mais on y vivrait,cest charmant!

Nous leur donnons du charbon plus quils nenbrûlent, continuait madame Hennebeau. Un médecin lesvisite deux fois par semaine; et, quand ils sont vieux, ilsreçoivent des pensions, bien quon ne fasse aucune rete-nue sur les salaires.

Une Thébaïde ! un vrai pays de Cocagne ! murmurale monsieur, ravi.

La Maheude sétait précipitée pour offrir des chaises.Ces dames refusèrent. Déjà madame Hennebeau se las-sait, heureuse un instant de se distraire à ce rôle demontreur de bêtes, dans lennui de son exil, mais tout desuite répugnée par lodeur fade de misère, malgré lapropreté choisie des maisons elle se risquait. Dureste, elle ne répétait que des bouts de phrase entendus,sans jamais sinquiéter davantage de ce peuple d'ouvriersbesognant et souffrant près delle.

Les beaux enfants ! murmura la dame, qui les trou-vait affreux, avec leurs têtes trop grosses, embroussail-lées de cheveux couleur de paille.

Et la Maheude dut dire leur âge, on lui adressa aussides questions sur Estelle, par politesse. Respectueuse-ment, le père Bonnemort avait retiré sa pipe de la bou-che ; mais il nen restait pas moins un sujet dinquiétude,si ravagé par ses quarante années de fond, les jambes