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LES ROUGON-MACQUART.
rine de se tremper d’abord, il ne voulait pas avoirla rinçure des galopins, d’autant plus que, lorsquecelui-ci avait passé dans l’eau, on pouvait en remplirles encriers de l’école. Ils finirent par se laver ensemble,tournés également vers le feu, et ils s’entr’aidèrentmême, ils se frottèrent le dos. Puis, comme leur sœur,ils disparurent dans l’escalier, tout nus.
— En font-ils un gâchis ! murmurait la Maheude, enprenant par terre les vêtements pour les mettre sécher.Alzire, éponge un peu, hein !
Mais un tapage, de l’autre côté du mur, lui coupa laparole. C’étaient des jurons d’homme,despleurs de femme,tout un piétinement de bataille, avec des coups sourdsqui sonnaient comme des heurts de courge vide.
— La Levaque reçoit sa danse, constata paisiblementMaheu, en train de racler le fond de sa jatte avec la cuiller.C’est drôle, Bouteloup prétendait que la soupe était prête.
— Ah ! oui, prête ! dit la Maheude, j’ai vu les légumessur la table, pas même épluchés.
Les cris redoublaient, il y eut une poussée terrible quiébranla le mur, puis un grand silence tomba. Alors, lemineur, en avalant une dernière cuillerée, conclut d’unair de calme justice :
— Si la soupe n’est pas prête, ça se comprend.
Et, après avoir bu un plein verre d’eau, il attaquale fromage de cochon. Il en coupait des morceauxcarrés, qu’il piquait de la pointe de son couteau et qu’ilmangeait sur son pain, sans fourchette. On ne parlaitpas, quand le père mangeait. Lui-même avait la faimsilencieuse, il ne reconnaissait point la charcuterie habi-tuelle de Maigrat, ça devait venir d’ailleurs ; pourtant, iln’adressait aucune question à sa femme. Il demanda seu-lement si le vieux dormait toujours, là-haut. Non, legrand-père était déjà sorti, pour son tour de promenadeaccoutumé. Et le silence reçommença.