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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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lourds gaz dasphyxie, en haut des gaz légers qui sal-lument et foudroient tous les chantiers "dune fosse, descentaines dhommes, dans un seul coup de tonnerre.Depuis son enfance, elle en avait tellement avalé, quellesétonnait de le supporter si mal, les oreilles bourdon-nantes, la gorge en feu.

Nen pouvant plus, elle éprouva un besoin dôter sachemise. Cela tournait à la torture, ce linge dont lesmoindres plis la coupaient, la brûlaient. Elle résista,voulut rouler encore, fut forcée de se remettre debout.Alors, vivement, en se disant quelle se couvrirait aurelais, elle enleva tout, la corde, la chemise, si fiévreuse,quelle aurait arraché la peau, si elle avait pu. Et, nuemaintenant, pitoyable, ravalée au trot de la femelle quê-tant sa vie par la boue des chemins, elle besognait, lacroupe barbouillée de suie, avec de la crotte jusquauventre, ainsi quune jument de fiacre. A quatre pattes,elle poussait.

Mais un désespoir lui vint, elle nétait pas soulagée,dêtre nue. Quoi ôter encore? Le bourdonnement de sesoreilles lassourdissait, il lui semblait sentir un étau laserrer aux tempes. Elle tomba sur les genoux. La lampe,calée dans le charbon de la berline, lui parut séteindre.Seule, lintention den remonter la mèche surnageait, aumilieu de ses idées confuses. Deux fois, elle voulut lexa-miner, et les deux fois, à mesure quelle la posait devantelle, par terre, elle la vit pâlir, comme si elle aussi eutmanqué de souffle. Brusquement, la lampe séteignit.Alors, tout roula au fond des ténèbres, une meule tour-nait dans sa tête, son cœur défaillait, sarrêtait de battre,engourdi à son tour par la fatigue immense qui endor-mait ses membres. Elle sétait renversée, elle agonisaitdans lair dasphyxie, au ras du sol.

Je crois, nom de Dieu ! quelle flâne encore, grondala voix de Chaval.