GERMINAL.
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lourds gaz d’asphyxie, en haut des gaz légers qui s’al-lument et foudroient tous les chantiers "d’une fosse, descentaines d’hommes, dans un seul coup de tonnerre.Depuis son enfance, elle en avait tellement avalé, qu’elles’étonnait de le supporter si mal, les oreilles bourdon-nantes, la gorge en feu.
N’en pouvant plus, elle éprouva un besoin d’ôter sachemise. Cela tournait à la torture, ce linge dont lesmoindres plis la coupaient, la brûlaient. Elle résista,voulut rouler encore, fut forcée de se remettre debout.Alors, vivement, en se disant qu’elle se couvrirait aurelais, elle enleva tout, la corde, la chemise, si fiévreuse,quelle aurait arraché la peau, si elle avait pu. Et, nuemaintenant, pitoyable, ravalée au trot de la femelle quê-tant sa vie par la boue des chemins, elle besognait, lacroupe barbouillée de suie, avec de la crotte jusqu’auventre, ainsi qu’une jument de fiacre. A quatre pattes,elle poussait.
Mais un désespoir lui vint, elle n’était pas soulagée,d’être nue. Quoi ôter encore? Le bourdonnement de sesoreilles l’assourdissait, il lui semblait sentir un étau laserrer aux tempes. Elle tomba sur les genoux. La lampe,calée dans le charbon de la berline, lui parut s’éteindre.Seule, l’intention d’en remonter la mèche surnageait, aumilieu de ses idées confuses. Deux fois, elle voulut l’exa-miner, et les deux fois, à mesure qu’elle la posait devantelle, par terre, elle la vit pâlir, comme si elle aussi eutmanqué de souffle. Brusquement, la lampe s’éteignit.Alors, tout roula au fond des ténèbres, une meule tour-nait dans sa tête, son cœur défaillait, s’arrêtait de battre,engourdi à son tour par la fatigue immense qui endor-mait ses membres. Elle s’était renversée, elle agonisaitdans l’air d’asphyxie, au ras du sol.
— Je crois, nom de Dieu ! qu’elle flâne encore, grondala voix de Chaval.