GERMINAL.
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ï’entraînait par les deux bras, avec une force irrésistible.
— Quand je te dis que voilà les gendarmes !... Ecoute-moi donc. G’est Chaval qui est allé les chercher et quiles amène, si tu veux savoir. Moi, ça m’a dégoûtée, jesuis venue... Sauve-toi, je ne veux pas qu’on te prenne.
Et Catherine l’emmena, à l’instant où un lourd galopébranlait au loin le pavé. Tout de suite, un cri éclata :« Les gendarmes! les gendarmes! » Ce fut une débâcle,un sauve-qui-peut si éperdu, qu’en deux minutes laroute se trouva libre, absolument nette, comme balayéepar un ouragan. Le cadavre de Maigrat faisait seul unetache d’ombre sur la terre blanche. Devant l’estaminetTison, il n’était resté que Rasseneur, qui, soulagé, laface ouverte, applaudissait à la facile victoire des sa-bres ; tandis que, dans Montsou désert, éteint, dans lesilence des façades closes, les bourgeois, la sueur à lapeau, n’osant risquer un œil, claquaient des dents. Laplaine se noyait sous l’épaisse nuit, il n’y avait plus queles hauts fourneaux et les fours à coke incendiés au fonddu ciel tragique. Pesamment, le galop des gendarmesapprochait, ils débouchèrent sans qu’on les distinguât,en une masse sombre. Et, derrière eux, confiée à leurgarde, la voiture du pâtissier de Marchiennes arrivaitenfin, une carriole d’où sauta un marmiton, qui se mitd’un air tranquille à déballer les croûtes des vol-au-vent.