Buch 
Germinal / par Émile Zola
Entstehung
JPEG-Download
 

GERMINAL.

417

ïentraînait par les deux bras, avec une force irrésistible.

Quand je te dis que voilà les gendarmes !... Ecoute-moi donc. Gest Chaval qui est allé les chercher et quiles amène, si tu veux savoir. Moi, ça ma dégoûtée, jesuis venue... Sauve-toi, je ne veux pas quon te prenne.

Et Catherine lemmena, à linstant un lourd galopébranlait au loin le pavé. Tout de suite, un cri éclata :« Les gendarmes! les gendarmes! » Ce fut une débâcle,un sauve-qui-peut si éperdu, quen deux minutes laroute se trouva libre, absolument nette, comme balayéepar un ouragan. Le cadavre de Maigrat faisait seul unetache dombre sur la terre blanche. Devant lestaminetTison, il nétait resté que Rasseneur, qui, soulagé, laface ouverte, applaudissait à la facile victoire des sa-bres ; tandis que, dans Montsou désert, éteint, dans lesilence des façades closes, les bourgeois, la sueur à lapeau, nosant risquer un œil, claquaient des dents. Laplaine se noyait sous lépaisse nuit, il ny avait plus queles hauts fourneaux et les fours à coke incendiés au fonddu ciel tragique. Pesamment, le galop des gendarmesapprochait, ils débouchèrent sans quon les distinguât,en une masse sombre. Et, derrière eux, confiée à leurgarde, la voiture du pâtissier de Marchiennes arrivaitenfin, une carriole d sauta un marmiton, qui se mitdun air tranquille à déballer les croûtes des vol-au-vent.