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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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non, sans avoir lair de comprendre; des camaradesracontaient que le capitaine était républicain,quantà lui,il navait pas didée, ça lui était égal. Si on lui comman-dait de tirer, il tirerait, pour nêtre pas puni. Louvrierlécoutait, saisi de la haine du peuple contre larmée,contre ces frères dont on changeait le cœur, en leur col-lant un pantalon rouge au derrière.

Alors, vous vous nommez?

Jules.

Et d êtes-vous?

De Plogof,-bas.

Au hasard, il avait allongé le bras. Cétait en Bretagne,il nen savait pas davantage. Sa petite figure pâle sani-mait, il se mit à rire, réchauffé.

Jai ma mère et ma sœur. Elles mattendentbiensûr.Ah! ce ne sera pas pour demain... Quand je suis parti,elles mont accompagné jusquà Pont-lAbbé. Nous avionspris le cheval aux Lepalmec, il a failli se casser lesjambes en bas delà descente dAudierne. Le cousin Char-les nous attendait avec des saucisses, mais les femmespleuraient trop, ça nous restait dans la gorge... Ah!mon Dieu! ah! mon Dieu! comme cest loin, chez nous!

Ses yeux se mouillaient, sans quil cessât de rire. Lalande déserte de Plogof, cette sauvage pointe du Razbattue des tempêtes, lui apparaissait dans un éblouisse-ment de soleil, à la saison rose des bruyères.

Dites donc, demanda-t-il, si je nai pas de punitions,est-ce que vous croyez quon me donnera une permissiondun mois, dans deux ans?

Alors, Étienne parla de la Provence, quil avait quittéetout petit. Le jour grandissait, des flocons de neigecommençaient à voler dans le ciel terreux. Et il finit parêtre pris dinquiétude, en apercevant Jeanlin qui rôdaitau milieu des ronces, lair stupéfait de le voir-haut.Dun geste, lenfant le hélait. A quoi bon ce rêve de fra-