SIXIÈME PARTIE
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La première quinzaine de février s’écoula encore, unfroid noir prolongeait le dur hiver, sans pitié des misé-rables. De nouveau, les autorités avaient battu les routes:le préfet de Lille, un procureur, un général. Et les gen-darmes n’avaient pas suffi, de la troupe était venue occu-per Montsou, tout un régiment, dont les hommes cam-paient de Beaugnies à Marchiennes. Des postes armésgardaient les puits, il y avait des soldats devant chaquemachine. L’hôtel du directeur, les Chantiers de la Com-pagnie, jusqu’aux maisons de certains bourgeois, s’é-taient hérissés de bayonnettes. On n’entendait plus, lelong du pavé, que le passage lent des patrouilles. Surle terri du Voreux, continuellement, une sentinellerestait plantée, comme une vigie au-dessus de la plainerase, dans le coup de vent glacé qui soufflait là-haut ;et, toutes les deux heures, ainsi qu’en pays ennemi,retentissaient les cris de faction.
— Qui vive?... Avancez au mot de ralliement !
Le travail n’avait repris nulle part. Au contraire, la