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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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le petit soldat comme dans un cercueil; ils déposèrentle fusil contre son flanc ; puis, à grands coups de talon,ils achevèrent de casser les bois, au risque dy restereux-mêmes. Tout de suite, la roche se fendit, ils eurentà peine le temps de ramper sur tes coudes et sur lesgenoux. Lorsque Etienne se retourna, pris du besoin devoir, laffaissement du toit continuait, écrasait lentementle corps, sous la poussée énorme. Et il ny eut plusrien, rien que la masse profonde de la terre.

Jeanlin, de retour chez lui, dans son coin de cavernescélérate, sétala sur le foin, en murmurant, brisé delassitude :

Zut! les mioches mattendront, je vais dormir uneheure.

Étienne avait soufflé la chandelle, dont il ne restaitquun petit bout. Lui aussi était courbaturé, mais ilnavait pas sommeil, des pensées douloureuses de cau-chemar tapaient comme des marteaux dans son crâne.Une seule bientôt demeura, torturante, le fatiguant duneinterrogation à laquelle il ne pouvait répondre : pour-quoi navait-il pas frappé Ghaval, quand il le tenaitsous le couteau? et pourquoi cet enfant venait-il dégor-ger un soldat, dont il ignorait même le nom ? Gelabousculait ses croyances révolutionnaires, le couragede tuer, le droit de tuer. Était-ce donc quil fût lâche?Dans le foin, lenfant sétait mis à ronfler, dun ron-flement dhomme soûl, comme sil eût cuvé livresse deson meurtre. Et, répugné, irrité, Étienne souffrait de lesavoir, de lentendre. Tout dun coup, il tressaillit, lesouffle de la peur lui avait passé sur la face. Un frôle-ment léger, un sanglot lui semblait être sorti des pro-fondeurs de la terre. Limage du petit soldat, couché-bas avec son fusil, sous les roches, lui glaça le doset fit dresser ses cheveux. Cétait imbécile, toute lamine semplissait de voix, il dut rallumer la chandelle,

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