GERMINAL.
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le petit soldat comme dans un cercueil; ils déposèrentle fusil contre son flanc ; puis, à grands coups de talon,ils achevèrent de casser les bois, au risque d’y restereux-mêmes. Tout de suite, la roche se fendit, ils eurentà peine le temps de ramper sur tes coudes et sur lesgenoux. Lorsque Etienne se retourna, pris du besoin devoir, l’affaissement du toit continuait, écrasait lentementle corps, sous la poussée énorme. Et il n’y eut plusrien, rien que la masse profonde de la terre.
Jeanlin, de retour chez lui, dans son coin de cavernescélérate, s’étala sur le foin, en murmurant, brisé delassitude :
— Zut! les mioches m’attendront, je vais dormir uneheure.
Étienne avait soufflé la chandelle, dont il ne restaitqu’un petit bout. Lui aussi était courbaturé, mais iln’avait pas sommeil, des pensées douloureuses de cau-chemar tapaient comme des marteaux dans son crâne.Une seule bientôt demeura, torturante, le fatiguant d’uneinterrogation à laquelle il ne pouvait répondre : pour-quoi n’avait-il pas frappé Ghaval, quand il le tenaitsous le couteau? et pourquoi cet enfant venait-il d’égor-ger un soldat, dont il ignorait même le nom ? Gelabousculait ses croyances révolutionnaires, le couragede tuer, le droit de tuer. Était-ce donc qu’il fût lâche?Dans le foin, l’enfant s’était mis à ronfler, d’un ron-flement d’homme soûl, comme s’il eût cuvé l’ivresse deson meurtre. Et, répugné, irrité, Étienne souffrait de lesavoir là, de l’entendre. Tout d’un coup, il tressaillit, lesouffle de la peur lui avait passé sur la face. Un frôle-ment léger, un sanglot lui semblait être sorti des pro-fondeurs de la terre. L’image du petit soldat, couchélà-bas avec son fusil, sous les roches, lui glaça le doset fit dresser ses cheveux. C’était imbécile, toute lamine s’emplissait de voix, il dut rallumer la chandelle,
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