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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

beau fut aussi très aimable. Son air riant frappa lesconvives, le bruit courait que, rentré en faveur près dela Régie, il serait bientôt fait officier de la Légion dhon-neur, pour la façon énergique dont il avait domptéla grève. On évitait de parler des derniers événements,mais il y avait du triomphe dans la joie générale, ledîner tournait à la célébration officielle dune victoire.Enfin, on était donc délivré, on recomménçait à mangeret à dormir en paix ! Une allusion fut discrètement faiteaux morts dont la boue du Yoreux avait à peine bu lesang : cétait une leçon nécessaire, et tous sattendrirent,quand les Grégoire ajoutèrent que, maintenant, le devoirde chacun était daller panser les plaies, dans les co-rons. Eux, avaient repris leur placidité bienveillante,excusant leurs braves mineurs, les voyant déjà, aufond des fosses, donner le bon exemple dune résigna-tion séculaire. Les notables de Montsou, qui ne trem-blaient plus, convinrent que la question du salariat de-mandait à être étudiée prudemment. Au rôti, la victoiredevint complète, lorsque M. Hennebeau lut une lettrede l'évêque, celui-ci annonçait le déplacement delabhé Ranvier. Toute la bourgeoisie de la provincecommentait avec passion lhistoire de ce prêtre, quitraitait les soldats dassassins. Et le notaire, comme ledessert paraissait, se posa très résolument en libre pen-seur.

Deneulin était, avec ses deux filles. Au milieu decette allégresse, il sefforcait de cacher la mélancolie desa ruine. Le matin même, il avait signé la vente de saconcession de Yandame à la Compagnie de Montsou.Acculé, égorgé, il sétait soumis aux exigences des ré-gisseurs, leur lâchant enfin cette proie guettée si long-temps, leur tirant à peine largent nécessaire pourpayer ses créanciers. Même il avait accepté, au der-nier moment, comme une chance heureuse, leur offre