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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

543

Quand Zacharie, en haut, revit la Maheude, tous deuxsétreignirent.

Faut pas vous monter la tête, eut la cruauté dedire la Pierronne, venue ce jour- en promenade, parcuriosité. Si Catherine ne sy trouvait pas, ça vous feraittrop de peine ensuite.

Cétait vrai, Catherine peut-être se trouvait ailleurs.

Fous-moi la paix, hein ! cria rageusement Zacharie,Elle y est, je le sais !

La Maheude sétait assise de nouveau, muette, levisage immobile. Et elle se remit à attendre.

Dès que lhistoire se fut répandue dans Montsou, ilarriva un nouveau flot de monde. On ne voyait rien,et lon demeurait quand même, il fallut tenir lescurieux à distance. En bas, on travaillait jour et nuit.Par crainte de rencontrer un obstacle, lingénieur avaitfait ouvrir, dans la veine, trois galeries descendantes,qui convergeaient vers le point lon supposait lesmineurs enfermés. Un seul haveur pouvait abattre lahouille, sur le front étroit du boyau; on le relayait dedeux heures en deux heures ; et le charbon, dont onchargeait des corbeilles, était sorti de mains en mains parune chaîne dhommes, qui sallongeait à mesure que letrou se creusait. La bfesogne, dabord, marcha très vite ;on fit six mètres en un jour.

Zacharie avait obtenu dêtre parmi les ouvriers délitemis à l'abatage. Cétait un poste dhonneur quon sedisputait. Et il semportait, lorsquon voulait le relayer,après ses deux heures de corvée réglementaire. Ilvolait le tour des camarades, il refusait de lâcher larivelaine. Sa galerie bientôt fut en avance sur les autres,il sy battait contre la houille dun élan si farouche,quon entendait monter du boyau le souffle grondantde sa poitrine, pareil au ronflement de quelque forge-intérieure. Quand il en sortait, boueux et noir, ivre de