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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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pour cette tragique famille des Maheu, dont tout le payscausait. Ils ne plaignaient pas le père, ce brigand, cetueur de soldats quil avait fallu abattre comme un loup.Seulement, la mère les touchait, cette pauvre femme quivenait de perdre son fils, après avoir perdu son mari, etdont la fille nétait peut-être plus quun cadavre, sous laterre ; sans compter quon parlait encore dun grand-pèreinfirme, dun enfant boiteux à la suite dun éboulement,dune petite fille morte de faim, pendant la grève. Aussi,bien que cette famille eût mérité en partie ses malheurs,par son esprit détestable, avaient-ils résolu daffirmer lalargeur de leur charité, leur désir doubli et de concilia-tion, en lui portant eux-mêmes une aumône. Deux pa-quets, soigneusement enveloppés, se trouvaient sous unebanquette de la voiture.

Une vieille femme indiqua au cocher la maison desMaheu, le numéro 16 du deuxième corps. Mais, quandles Grégoire furent descendus, avec les paquets, ils frap-pèrent vainement, ils finirent par taper à coups de poingdans la porte, sans obtenir davantage de réponse : lamaison résonnait lugubre, ainsi quune demeure vidéepar le deuil, glacée et noire, abandonnée depuis long-temps.

Il ny a personne, dit Cécile désappointée. Est-ceennuyeux ! quest-ce que nous allons faire de tout ça?

Brusquement, la porte dà côté souvrit, et la Levaqueparut.

Oh! monsieur et madame, mille pardons! excusez-moi, mademoiselle!,.. Cest la voisine que vous voulez.Elle ny est pas, elle est à Réquillart...

Dans un flux de paroles, elle leur racontait lhistoire,leur répétait quil fallait bien sentraider, quelle gar-dait chez elle Lénore et Henri, pour permettre à la mèredaller attendre,-bas. Ses regards étaient tombés surles paquets, elle en arrivait à parler de sa pauvre fille