GERMINAL.
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— Non, laisse, murmura-t-elle, je ne peux plus, j’aimemieux mourir tout de suite.
Ils s’attardaient, de cinquante mètres en arrière, et illa soulevait malgré sa résistance, lorsque la galerie brus-quement se boucha : un bloc énorme qui s’effondrait etles séparait des autres. L’inondation détrempait déjà lesroches, des éboulements se produisaient de tous côtés. Ilsdurent revenir sur leurs pas. Puis, ils ne surent plus dansquel sens ils marchaient. C’était fini, il fallait abandonnerl’idée de remonter par Réquillart. Leur unique espoirétait de gagner les tailles supérieures, où l’on viendraitpeut-être les délivrer, si les eaux baissaient.
Étienne reconnut enfin la veine Guillaume.
— Bon! dit-il, je sais où nous sommes. Nom de Dieu !nous étions dans le vrai chemin; mais va te faire fiche,maintenant !... Écoute, allons tout droit, nous grimperonspar la cheminée.
Le flot battait leur poitrine, ils marchaient très lente-ment. Tant qu’ils auraient de la lumière, ils ne désespé-reraient pas; et ils soufflèrent l’une des lampes, pouren économiser l’huile, avec la pensée de la vider dansl’autre. Ils atteignaient la cheminée, lorsqu’un bruit, der-rière eux,lesfit se tourner. Étaient-ce donclescamarades,barrés à leur tour, qui revenaient? Un souffle ronflait auloin, ils ne s’expliquaient pas cette tempête qui se rap-prochait, dans un éclaboussement d’écume. Et ils crièrent,quand ils virent une masse géante, blanchâtre, sortirde l’ombre et lutter pour les rejoindre, entre les boisagestrop étroits, où elle s’écrasait.
C’était Bataille. En partant de l’accrochage, il avaitgalopé le long des galeries noires, éperdûment. Il sem-blait connaître son chemin, dans cette ville souter-raine, qu’il habitait depuis onze années; et ses yeuxvoyaient clair, au fond de l’éternelle nuit où il avaitvécu. Il galopait, il galopait, pliant la tête, ramassant les
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