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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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Non, laisse, murmura-t-elle, je ne peux plus, jaimemieux mourir tout de suite.

Ils sattardaient, de cinquante mètres en arrière, et illa soulevait malgré sa résistance, lorsque la galerie brus-quement se boucha : un bloc énorme qui seffondrait etles séparait des autres. Linondation détrempait déjà lesroches, des éboulements se produisaient de tous côtés. Ilsdurent revenir sur leurs pas. Puis, ils ne surent plus dansquel sens ils marchaient. Cétait fini, il fallait abandonnerlidée de remonter par Réquillart. Leur unique espoirétait de gagner les tailles supérieures, lon viendraitpeut-être les délivrer, si les eaux baissaient.

Étienne reconnut enfin la veine Guillaume.

Bon! dit-il, je sais nous sommes. Nom de Dieu !nous étions dans le vrai chemin; mais va te faire fiche,maintenant !... Écoute, allons tout droit, nous grimperonspar la cheminée.

Le flot battait leur poitrine, ils marchaient très lente-ment. Tant quils auraient de la lumière, ils ne désespé-reraient pas; et ils soufflèrent lune des lampes, pouren économiser lhuile, avec la pensée de la vider danslautre. Ils atteignaient la cheminée, lorsquun bruit, der-rière eux,lesfit se tourner. Étaient-ce donclescamarades,barrés à leur tour, qui revenaient? Un souffle ronflait auloin, ils ne sexpliquaient pas cette tempête qui se rap-prochait, dans un éclaboussement décume. Et ils crièrent,quand ils virent une masse géante, blanchâtre, sortirde lombre et lutter pour les rejoindre, entre les boisagestrop étroits, elle sécrasait.

Cétait Bataille. En partant de laccrochage, il avaitgalopé le long des galeries noires, éperdûment. Il sem-blait connaître son chemin, dans cette ville souter-raine, quil habitait depuis onze années; et ses yeuxvoyaient clair, au fond de léternelle nuit il avaitvécu. Il galopait, il galopait, pliant la tête, ramassant les

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