Buch 
Germinal / par Émile Zola
Entstehung
JPEG-Download
 

570 LES R0UG0N-M.VCQUA.RT.

Oh! tu as une oreille ! disait-il à son tour. Moi, jenentendais rien.

Dès ce moment, ils se relayèrent, toujours lun deuxécoutait, prêt à correspondre, au moindre signal. Ils sai-sirent bientôt des coups de rivelaine : on commençait lestravaux dapproche, on ouvrait une galerie. Pas un bruitne leur échappait. Mais leur joie tomba. Ils avaient beaurire, pour se tromper lun lautre, le désespoir les re-prenait peu à peu. Dabord, ils sétaient répandus enexplications : on arrivait évidemment par Réquillart,la galerie descendait dans la couche, peut-être enouvrait-on plusieurs, car il y avait trois hommes àlabatage. Puis, ils parlèrent moins, ils finirent par setaire, quand ils en vinrent à calculer la masse énormequi les séparait des camarades. Muets, ils continuaientleurs réflexions, ils comptaient les journées et lesjournéesqu'un ouvrier mettrait à percer un tel bloc. Jamais on neles rejoindrait assez tôt, ils seraient morts vingt fois.Et, mornes, nosant plus échanger une parole dans ceredoublement dangoisse, ils répondaient aux appelsdun roulement des sabots, sans espoir, en ne gardantque le besoin machinal de dire aux autres quils vivaientencore.

Un jour, deux jours, se passèrent. Ils étaient au fonddepuis six jours. Leau, arrêtée à leurs genoux, ne mon-tait ni ne descendait; et leurs jambes semblaientfondre, dans ce bain de glace. Pendant une heure, ilspouvaient bien les retirer; mais la position devenaitalors si incommode, quils étaient tordus de crampesatroces et quils devaient laisser retomber les talons.Toutes les dix minutes, ils se remontaient dun coupde reins, sur la roche glissante. Les cassures du char-bon leur défonçaient léchine, ils éprouvaient à la nuqueune douleur fixe et intense, davoir à la tenir ployéeconstamment, pour ne pas se briser le crâne. Et 1-étouf-