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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

569

déjà se terminait. Toute espérance de secours sen étaitallée, personne ne les savait, personne navait le pou-voir dy descendre, et la faim les achèverait, si linon-dation leur faisait grâce. Une dernière fois, ils avaienteu la pensée de battre le rappel ; mais la pierre étaitrestée sous leau. Dailleurs, qui les entendrait?

Catherine, résignée, avait appuyé contre la veine satête endolorie, lorsquun tressaillement la redressa.

Écoute ! dit-elle.

Dabord, Etienne crut quelle parlait du petit bruit deleau montant toujours. Il mentit, il voulut la tranquil-liser.

Cest moi que tu entends, je remue les jambes.

Non, non, pas ça...-bas, écoute!

Et elle collait son oreille au charbon. Il comprit, ilfit comme elle. Une attente de quelques secondes lesétouffa. Puis, très lointains, très faibles, ils entendirenttrois coups, largement espacés. Mais ils doutaient encore,leurs oreilles sonnaient, cétaient peut-être des craque-ments dans la couche. Et ils ne savaient avec quoi frapperpour répondre.

Étienne eut une idée.

Tu as les sabots. Sors les pieds, tape avec les ta-lons.

Elle tapa, elle battit le rappel des mineurs; et ils écou-tèrent, et ils distinguèrent de nouveau les trois coups, auloin. Vingt fois ils recommencèrent, vingt fois les coupsrépondirent. Ils pleuraient, ils sembrassaient, au risquede perdre léquilibre. Enfin, les camarades étaient, ilsarrivaient. Cétait un débordement de joie et damour quiemportait les tourments de lattente, la rage des appelslongtemps inutiles, comme si les sauveurs navaient euquà fendre la roche du doigt, pour les délivrer.

Hein ! criait-elle gaiement, est-ce une chance quejaie appuyé la tête!

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