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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MA.CQUA.RT.

Étienne ne put retenir un geste douloureux.

Eux aussi !

Une rougeur était montée aux joues blêmes de la Ma-houde, tandis que ses yeux sallumaient. Mais ses épaulessaffaissèrent, comme sous lécrasement du destin.

Que veux-tu? eux après les autres... Tous y ontlaissé la peau, cest leur tour.

Elle se tut, des moulineurs qui roulaient des berlinesles dérangèrent. Par les grandes fenêtres poussiéreuses,le petit jour entrait, noyant les lanternes dune lueurgrise; et le branle de la machine reprenait toutes lestrois minutes, les câbles se déroulaient, les cages con-tinuaient à engloutir des hommes.

Allons, les flâneurs, dépêchons-nous! cria Pierron.Embarquez, jamais nous nen finirons aujourdhui.

La Maheude, quil regardait, ne bougea pas. Elle avaitdéjà laissé passer trois cages, elle dit, comme se ré-veillant et se souvenant des premiers mots dÉtienne :

Alors, tu pars ?

Oui, ce matin.

Tu as raison, vaut mieux être ailleurs, quand onJe peut... Et ça me fait plaisir de tavoir vu, parce quetu sauras au moins que je nai rien sur le cœur contretoi. Un moment, je taurais assommé, après toutes cestueries. Mais on réfléchit, nest-ce pas? on saperçoitquau bout du compte ce nest la faute de personne...Non, non, ce nest pas ta faute, cest, la faute de tout lemonde.

Maintenant, elle causait avec tranquillité de ses morts,de son homme, de Zacharie, de Catherine; et des lar-mes parurent seulement dans ses yeux, lorsquelle pro-nonça le nom dAlzire. Elle était revenue à son calmede femme raisonnable, elle jugeait très sagement leschoses. Ça ne porterait pas chance aux bourgeois, davoirtué tant de pauvres gens. Bien sûr quils en seraient pu-