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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

583

nis un jour, car tout se paye. On naurait pas même be-soin de sen mêler, la boutique sauterait seule, les soldatstireraient sur les patrons, comme ils avaient tiré sur lesouvriers. Et, dans sa résignation séculaire, dans cettehérédité de discipline qui la courbait de nouveau, un tra-vail sétait ainsi fait, la certitude que linjustice ne pouvaitdurer davantage, et que, sil ny avait plus de bon Dieuil en repousserait un autre, pour venger les misérables.

Elle parlait bas, avec des regards méfiants. Puis,comme Pierron sétait rapproché, elle ajouta tout haut

Eh bien ! si tu pars, il faut prendre chez nous tesaffaires... Il y a encore deux chemises, trois mouchoirs,une vieille culotte.

Étienne refusa du geste ces quelques nippes, échap-pées aux brocanteurs.

Non, ça nen vaut pas la peine, ce sera pour lesenfants... A Paris, je marrangerai.

Deux cages encore étaient descendues, et Pierron sedécida à interpeller directement la Maheude.

Dites donc,-bas, on vous attend! Est-ce bientôtfini, cette causette?

Mais elle tourna le dos. Quavait-il à faire du zèle, cevendu ? Ça ne le regardait pas, la descente. Ses hommeslexécraient assez déjà, à son accrochage. Et elle sentê-tait, sa lampe aux doigts, glacée dans les courantsdair, malgré la douceur de la saison.

Ni Étienne, ni elle, ne trouvaient plus une parole. Ilsdemeuraient face à face, ils avaient le cœur si gros, quilsauraient voulu se dire encore quelque chose.

Enfin, elle parla pour parler.

La Levaque est enceinte, Levaque est toujours enprison, cest Bouteloup qui le remplace, en attendant.

Ah I oui, Bouteloup.

Et, .écoute donc, tai-je raconté?... Philonrène estpartie.