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DE LA CARICATURE EN FRANCS
vent, ne les negligez pas ; olles ouvrent plus d’une porteliistorique; elles derobent plus d’uno vcrite inoonnue;eiles expliquont plus d’un logogriphe obscur; ellesservent d’organes ä des violences ephemeres ; ellesfixent et reproduisent !a passion qui s’envole. qui s’e-vanouit, qui change de generation en generation, quifait place ä d’autres passions et, äde nouvelles fureur?.
Non qu’il faille eroire la caricalure sur parole. Jene dirai pas, avec ces gens amoureux de tonte tyran-nie, soit populaire, soit royale, que la caricature soitexcellente de sa r.ature, parfaitement justc, parfaite-rnent veridique, digne de foi et de respect. Non, eileest souvent commc la passion, comme la rage et Fen-vie, comme le mepris et la haine, comme la colere etla vengeance, comme le besoin de nuire et de calom-nier, inique, sanglante, cnvenimee, ha'issable, sansegard pour le malheur, sans respect pour la vertu, sanscceur, sans scrupule, odieuse; dans ses meilleurs me-inen ts, eile est maligne et gaie; dans ses acces de fre-nesie, ineurtriere et impitoyable. Mettre les vices et lesdefauts en rclief, s’emparer des travers de Fhumanite,voiia tout son art. Elle ne cree pas Apollon Musagete ouVenus de Medicis , mais Poüchinelle ou Mayeux. Ellesert les mauvais penchants, les dlernels penchants del’homme. Polichinelle est vieux comme le monde : il y ades caricatures sous les ogives des eglises, il y en a dansles ruines d’Herculanum et dans les pagodes indiennes.Un acteur athenien faisail. grimacer le masque etparo-diail la voix gröle de Socrate, peu de temps avant quele martyr philosophe büt le poison. Pendant que levent agitait le cadavre de Coligny, ce tronc in formependu au gibet de Montfaucon, les bourgeois de Paris